PIED CREUX

TRAITEMENT

DESCRIPTION

Le pied creux se caractérise se :

  • par une exagération de la concavité de la voûte plantaire.
     

  • par une « bosse » auniveau du cou de pied qui peut être douloureuse, notamment dans la chaussure en raison du frottement.
     

Tous les pieds creux ne sont pas pathologiques. Il existe des pieds creux :

  • physiologiques ou « normaux » (pieds cambrés) : la déformation n’est pas présente à l’appui.
     

  • pathologiques : la déformation est présente à l’appui (debout).

 

POURQUOI CETTE PATHOLOGIE APPARAÎT-ELLE ?

  • Le creusement de la voûte plantaire entraîne une diminution de la surface d’appui du pied au sol, l’augmentation des forces d’appui sur les surfaces restantes devenant douloureuses.

 

  • Le pied creux est au début souple et réductible: bien supporté avec parfois des crampes du mollet, une tension douloureuse de la voûte plantaire ou une sensation d’appui instable.

 

 Le pied creux, avec le temps, se fixe et devient douloureux avec l’apparition de :
 

  •  métatarsalgies : douleurs sur les appuis plantaires antérieurs avec durillons.  
     

  • talalgies : douleurs du talon avec des  ampoules ou des durillons au talon.
     

  • griffes d’orteils : déformations des orteils avec conflit dans la chaussure source de durillons ou cors.

QUELS SONT LES EXAMENS NÉCESSAIRES ?

  • Le diagnostic peut être fait par l’étude de la voûte et des empreintes plantaires, au podoscope :
     

    • L’axe du talon est variable : aligné, dévié en dehors (valgus) ou en dedans (varus).
       

    • L’importance du pied creux estimé selon son degré en 3 stades (schéma).
       

    • L’importance et la souplesse des griffes d’orteils ainsi que la flexion dorsale de cheville.

 

  • Un bilan radiographique en appui (pied en charge) de face et de profil est nécessaire.
     

    • La radiographie de profil permet de mesurer l’angle de la voûte plantaire (angle de Djian) et d’en apprécier l’importance.
       

    • Des radiographies spécifiques de cheville (incidence de Méary) de face permettent d’évaluer l’axe du talon.

 

  • On distingue :
     

    • le pied creux antérieur touchant essentiellement l’avant-pied.
       

    • le pied creux postérieur touchant le talon.
       

    • le pied creux mixte siégeant sur l’ensemble de la voûte plantaire d’avant en arrière.

 

  • On recherche une cause familiale qui peut motiver un examen neurologique de type électromyogramme (EMG).
     

  • D’autres examens peuvent être demandés comme l’IRM ou le scanner fonction d’autres pathologies. 

 
 
 
 

LE TRAITEMENT MÉDICAL


 

  • Antalgiques ou des anti-inflammatoires  pour traiter la douleur aigue.
     

  • Adaptation du chaussage : des chaussures souples au niveau du cou de pied.
     

  • Orthèses plantaires (ou semelles orthopédiques) : pour corriger une déformation encore souple ou de compenser une déformation fixée.
     

  • les griffes d’orteils peuvent être corrigées ou protégées par des appareillages de parapharmacie ou des orthèses sur mesure (orthoplasties).
     

  • kinésithérapie : rééducation pour entretenir les mobilités articulaires et la souplesse des éléments rétractés.
     

Les risques et complications en l’absence de traitement : évolution vers une rigidité des déformations qui deviennent irréductibles et douloureuses.

LE TRAITEMENT CHIRURGICAL

Il est proposé après échec des traitements médicaux et/ou podologiques, ou d’emblée en fonction de la sévérité de la situation.
 

  • Les gestes chirurgicaux sont principalement osseux :

    • Ostéotomies : conservant les mobilités articulaires :

      • en diminuant la verticalité de l’avant pied.

      • en ré-axant le talon.
         

    • Arthrodèse : blocage articulaire 

      • dans une position plus favorable sur des articulations devenues pathologiques (usure)

 

Ces gestes peuvent être associés à des gestes sur ce qu’on appelle les parties molles (aponévrose plantaire, tendons) ou sur les déformations d’orteils.

 

Ostéotomies :
 

  • Métatarsiennes : ostéotomies (coupes osseuses spécifiques) réalisées au sommet de la déformation pour corriger le pied creux ou à distance pour traiter les conséquences.
    Par exemple, des ostéotomies à la base des métatarsiens ou au niveau de leurs parties distales (proches des appuis douloureux) permettent de diminuer les douleurs d’hyper appui antérieurs.

Arthrodèses :
 

  • Elles consistent au blocage de plusieurs articulations.
     

  • Dans le cadre de pied creux, il peut s'agir de "tarsectomie antérieure'
    (coupe spécifique dans le medio pied) ou de résection arthrodèse médio-tarsienne
    (ablation de certain os du tarse suivi d'arthrodèse) permettant de corriger la déformation
    à son sommet dans le médio-pied.

     

  • L’arthrodèse du talon (sous-talienne) peut être nécessaire si l’articulation est arthrosique ou/et déviée.

Gestes associés :

  • Sur les parties molles : Un allongement du tendon d’Achille et/ou une section de l’aponévrose plantaire peuvent être nécessaires en cas de rétraction.
     

  • Sur les déformations d’orteils : La correction des déformations d’orteils est indispensable et passe par des gestes complémentaires spécifiques associant arthrolyse, transferts tendineux, ténotomies voire résections arthroplastiques ou arthrodèses interphalangiennes.

 
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