PATHOLOGIE DES TENDONS FIBULAIRES

TRAITEMENT

DESCRIPTION

  • Les tendons fibulaires sont 2 tendons situés à la partie latérale de la cheville et du pied. Ils sont sollicités dans toutes les actions d’appui : marche, course et saut.
     

  • Les tendons fibulaires permettent les mouvements d’éversion, de flexion plantaire et ont un rôle dynamique de stabilisation de la cheville.
     

  • A la cheville, ces tendons passent dans la loge latérale de la jambe puis dans une gouttière, en arrière de la malléole latérale, fermée par le rétinaculum des fibulaires dont le rôle est de les maintenir.  Au pied, ils longent le calcanéum puis se croisent : Le court fibulaire (CF) continue vers la base du 5ème métatarsien, alors que  le long (LF), passe dans la voûte plantaire  pour se fixer sur la base du 1er métatarsien.

  • On retrouve  2 types de pathologies :
     

    • les tendinites (inflammation) : en cas de tendinite simple, le tendon est inflammatoire et continu.  A un stade plus évolué, elles s’accompagnent parfois d’épanchement autour du tendon (ténosynovite) ou de fissurations tendineuses pouvant évoluer vers la rupture complète.
       

    • l’instabilité des tendons (luxations et subluxations) : la lésion du rétinaculum provoque la luxation (déboitement) partielle (subluxation) ou complète (luxation) des tendons fibulaires de la gouttière rétro-malléolaire.

POURQUOI CETTE PATHOLOGIE APPARAÎT-ELLE ?

  • Le trajet de ces deux tendons, dans cette gouttière (véritable poulie de réflexion) les expose à des tractions et des contraintes mécaniques importantes :
     

    • Lors de mouvements de faible intensité mais répétés, ou plus ponctuels mais violents.
       

    • Ou en raison  de particularités anatomiques exposant les tendons fibulaires à un risque plus important de lésion : 

      • corps charnu du court fibulaire bas situé,

      • présence d’un péronéus quartus (15-20%), 

      • d’un os péronéum dans le long fibulaire,

      • hypertrophie de la trochlée des fibulaires,

      • gouttière convexe, 

      • court fibulaire plat ou rond.

COMMENT FAIRE LE DIAGNOSTIC ?

  • Le diagnostic n’est pas toujours simple car les symptômes de ces tendinites sont souvent variables ou imprécis. Les symptômes les plus fréquents sont :

    • une douleur latérale de cheville (parfois la douleur est plantaire ou médiale).

    • un œdème (gonflement) en arrière de la malléole latérale (ténosynovite).

 

  • Cette douleur peut être reliée à des gestes, à une activité spécifique ou à une sensation d’instabilité.  En cas d’instabilité associée : les luxations ou des subluxations se traduisent  par une sensation de «ressaut » des tendons lors des mouvements de flexion dorsale et éversion.  La luxation est même parfois cliniquement visible sous la peau. 
     

  •  L’examen médical va chercher à localiser votre douleur,  à préciser les structures en cause. Il va s’aider d’examens tels que la radiographie conventionnelle (réalisée en charge, elle permet un premier bilan et oriente les autres examens).
     

  •  L’échographie permet de confirmer la pathologie des tendons fibulaires et son stade évolutif,  le scanner, dans certains cas, est utile pour rechercher une anomalie osseuse associée.
     

  • L’IRM est souvent utilisée pour confirmer le diagnostic montrant du liquide dans la gaine, les dégénérescences musculaires ou graisseuses, les fissures ou ruptures.

 
 
 
 

LE TRAITEMENT MÉDICAL

  • Dans le cas où aucun traitement n’est réalisé, les tendinites peuvent s’aggraver. Elles peuvent évoluer et devenir des ténosynovites, des tendinites fissuraires puis parfois des ruptures tendineuses. 
     

  • Les douleurs s’intensifient entrainant une gêne de plus en plus forte, une boiterie invalidante, une perte de fonction voir d’autonomie. Les luxations, quant à elles, deviennent de plus en plus fréquentes pour des gestes de plus en plus minimes.   

 

  • Les mesures à prendre ( celles que votre médecin traitant peut vous prescrire):

    • Antalgiques et/ou anti-inflammatoires

    • le repos et/ou la modification d’activité

    • la perte de poids

    • orthèses plantaires (ou  semelles orthopédiques) peuvent corriger des troubles architecturaux de l’arrière pied pour diminuer les contraintes mécaniques sur ces tendons. 

 

  • Parfois, dans le cadre de lésions récentes pouvant cicatriser, une immobilisation peut être nécessaire (environ 45 jours avec ou sans appui), ainsi que de la kinésithérapie.

LE TRAITEMENT CHIRURGICAL

  • En l’absence d’amélioration avec le traitement médical ou podologique, ou en cas d’apparition de complications, il est possible d’envisager une prise en charge chirurgicale. 

 

  • Les techniques chirurgicales sont nombreuses ; elles sont le plus souvent réalisées à ciel ouvert (c’est à dire sous le contrôle de la vue) mais dans certains cas la tendinoscopie (c’est à dire l’introduction d’une caméra dans la gaine des tendons) est possible.  

 

  • Voici les différentes gestes réalisables :

    • Le débridement : consiste à enlever l’environnement inflammatoire des tendons. Ce traitement permet également de corriger certains facteurs anatomiques favorisants la pathologie comme un corps charnu bas situé du CF, la présence d’un péronéus quartus ou d’un os péronéus ces éléments seront enlevés.
       

    • La résection d’une fissure : consiste à enlever la partie malade du tendon.
       

    • La réparation tendineuse : consiste à suturer le tendon en le tubulisant.
       

    • La réparation de la gaine des fibulaires : consiste à réparer le rétinaculum des fibulaires par divers moyens (fils, ancres résorbables ou non). Un renfort est possible classiquement en utilisant le périoste (enveloppe de l’os), ou parfois un transfert tendineux. Dans certain cas un creusement osseux du tunnel retro malléolaire peut être proposé.
       

    • La ténodèse : Lorsqu’il n’est pas possible de conserver le tendon fibulaire pathologique et que le second tendon fibulaire est fonctionnel, la ténodèse consiste à fixer letendon pathologique sur le tendon sain.
       

    • Le transfert tendineux : lorsqu’aucun des 2 tendons fibulaires n’est utilisable, un transfert tendineux peut être proposé. Un tendon sain de voisinage, comme le tendon fléchisseur commun des orteils peut être utilisé pour pallier aux dysfonctions des tendons fibulaires.

      • Les gestes associés : Un geste osseux est parfois nécessaire pour améliorer le geste tendineux : émondage d’une saillie osseuse séquellaire de fracture, ostéotomie de valgisation du calcanéum, émondage du tubercule du calcanéum, le creusement de la partie postérieure de la malléole pour lui redonner une forme concave..
         

      • Autre geste chirurgical : s’’il existe des pathologies associées, votre chirurgien peut être amené à les prendre en charge simultanément l’aide de gestes spécifiques qu’il vous expliquera (ex : instabilité de cheville). En fin d’intervention, une immobilisation est mise en place : botte plâtrée, botte de marche, attelle... 
         

  • L’appui peut être autorisé dans les suites de l’opération, sous couvert de protection par une botte de marche, dont la durée de port varie de 3 à 6 semaines. Dans certains cas votre chirurgien peut vous demander de respecter une période sans appui de quelques semaines. 
     

  • Une rééducation post-opératoire peut être prescrite par votre chirurgien, après sevrage de l’immobilisation.  Un arrêt de travail de 2 mois est habituel ; mais dépend de votre activité professionnelle, des gestes réalisés et de votre récupération.
     

  • L’objectif du traitement est de restituer une fonction et un appui indolore compatible avec la marche même en terrain irrégulier. La pathologie des tendons fibulaires est multiple avec de nombreuses interactions. Le retour à une fonction optimale après chirurgie peut être long et la rééducation est importante.

 
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