ALLONGEMENT TENDON D'ACHILLE ET TRICEPS SURAL

TRAITEMENT

  • Le triceps sural est le muscle principal du mollet et le tendon d’Achille est la partie terminale de ce muscle.  
     

  • Le triceps sural est fait de 3 muscles indépendants se réunissant au tiers moyen en arrière  de la jambe en un tendon commun, le tendon d’Achille qui s’insère à la partie supérieure du calcanéum (os du talon) :
    Ces 3 muscles sont :

-    le muscle soléaire (en profondeur)
-    les muscles gastrocnémiens (ou jumeaux) médial et latéral (en superficie)  qui donnent le relief du mollet.

  • Ce tendon très résistant, visible et palpable en arrière de la cheville, permet le mouvement actif de la cheville en flexion plantaire ce qui permet d’abaisser le pied vers le sol.
    -    Le triceps sural et le tendon d’Achille sont nécessaires à la marche sur la pointe des pieds, et à la propulsion (saut).  -    A l’inverse, ce tendon limite  le mouvement de la cheville en  flexion dorsale, mouvement qui permet de relever le pied du sol. Le relâchement du tendon d’Achille et son étirement sont nécessaires à l’inclinaison vers le haut de la cheville.

DESCRIPTION

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POURQUOI CETTE PATHOLOGIE APPARAÎT-ELLE ?

  • Depuis la naissance ou au cours de la vie, le tendon d’Achille peut apparaître anormalement court.  
    -    Un tendon  d’Achille court est responsable d’une limitation de la flexion dorsale passive
          (lorsque quelqu’un mobilise votre cheville). 
    -    Un tendon d’Achille court  subit en actif (lorsque vous mobilisez seul votre cheville) des contraintes mécaniques excessives responsables de son inflammation (tendinite).

     

  • On distingue 2 situations très différentes : 

    Les rétractions majeures du tendon d’Achille : 
    -    Ces rétractions sont à l’origine d’un équin de la cheville : impossibilité de mettre la cheville à angle droit. Ces rétractions sont généralement d’origine neurologique ou ostéo-articulaire. 
    -    Ces rétractions  empêchent  la marche pied à plat, obligent les patients à marcher sur la pointe du pied et/ou à porter des chaussures avec une talonnette de plusieurs centimètres de hauteur. 


    Les rétractions modérées du tendon d’Achille : 
    -    Ces rétractions passent  longtemps inaperçues, avec des patients qui sont dit  « raides de la cheville ».
    -    Les patients  se sentent inconfortables à la marche pieds nus, préférant le chaussage avec un petit talon et habitués  des tendinites « autour de la cheville ».
    -    Ces rétractions modestes du tendon d’Achille semblent très fréquentes
         (de 20 à 50% de la population selon les études).

COMMENT FAIRE LE DIAGNOSTIC ?

  • Pour les rétractions majeures :

    • Le diagnostic est facile devant une cheville ne pouvant pas être est positionnée à angle droit.  La marche s’effectue sur l’avant du pied.  
       

    • L’examen médical recherche  si le défaut de flexion dorsale est provoqué par la rétraction du seul tendon d’Achille, ou s’il existe également une part articulaire dans cette rétraction.  En effet, dans les rétractions sévères,  l’Achille n’est souvent pas la seule structure pathologique...
       

  • Pour les rétractions modérées :

    • Le diagnostic se fait devant une flexion dorsale de cheville limitée mise en évidence sur un patient allongé par le test de SILVERSKIOLD ou sur un patient debout par le « test de la taloche » (la limitation de la flexion dorsale ne permet pas au patient de se maintenir vertical).
       

    • Les rétractions importantes du tendon d’Achille sont souvent évidentes  avec un  patient qui consulte devant une impossibilité de marcher pied à plat. 
       

    • A l’inverse, les rétractions modérées du tendon d’Achille sont souvent ignorées des patients, avec consultation souvent tardive devant des symptômes diverses parfois très à distance de la cheville :

- Tendinite d’Achille récidivante : 
Le tendon d’Achille étant anormalement court, il subit des contraintes mécaniques anormalement élevées sur son insertion basse (à l’endroit où il s’attache sur l’os). 

 

- L’aponévrosite plantaire (ou épine calcanéenne) : le tendon d’Achille étant en continuité avec l’aponévrose plantaire au niveau de la plante du pied, la rétraction de l’Achille peut également se Traduire par l’apparition de douleur du talon (ou talalgies). 

 

- Métatarsalgies :  Le tendon d’Achille anormalement court modifie la marche avec diminution de la phase d’appui sur l’avant pied, augmentant  les contraintes sur les têtes métatarsiennes ce qui provoque une douleur. 

 

- L’hallux rigidus (arthrose du gros orteil) : La diminution de la flexion dorsale de la cheville entraine une augmentation de contrainte mécanique et de flexion dorsale de l’hallux ayant pour conséquence une usure articulaire prématurée.

 
 
 
 

LE TRAITEMENT MÉDICAL (ORTHOPEDIQUE)

  • Les traitements médicaux ne peuvent être efficaces que pour les rétractions modérées du tendon d’Achille. 
     

  • Les mesures à prendre (celles que votre médecin traitant peut vous prescrire) :
    -    orthèses plantaires (ou semelles orthopédiques) : la réalisation de semelles orthopédiques permet par l’ajout d’une talonnette ou la compensation de troubles architecturaux de l’arrière pied.
    -    rééducation : la réalisation d’exercices de rééducation dans le but d’étirer le tendon d’Achille et d’augmenter la flexion dorsale de la cheville.

     

  • En l’absence de traitement, les douleurs risquent d’augmenter :

- La tendinite d’Achille peut évoluer vers la formation de nodules, des fissurations tendineuses favorisant la rupture.
- Les métatarsalgies peuvent évoluer vers des déformations d’orteils (« griffes »).

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LE TRAITEMENT CHIRURGICAL

  • Le traitement chirurgical a pour but d’allonger le tendon d’Achille. 
     

  • Cet allongement va être à l’origine d’une diminution de la tension mécanique sur les insertions, diminuant les douleurs de tendinite et/ou de talalgies. Cet allongement va également augmenter la flexion dorsale de la cheville, diminuant les contraintes mécaniques sur l’avant pied. 
     

  • En fonction de la rétraction, du ou des faisceaux tendineux concernés (Achille dans sa globalité ou rétraction des muscles jumeaux isolés), le chirurgien peut réaliser plusieurs types d’allongements:
     

- Allongement de l’ensemble du tendon Achilléen au niveau de la cheville  (zone 1)
- Allongement au 1/3 moyen de jambe en zone musculo-aponévrotique sur les 2 jumeaux (zone 2) •    

- Allongement en arrière du genou sur la partie haute du jumeau médial (zone 3) 
 

  • Cet allongement peut se faire 
    -    sous contrôle de la vue par une courte incision,
    -    en chirurgie percutanée (c’est à dire par une incision punctiforme) 
    -    sous vidéochirurgie (section sous contrôle d’une caméra). 

     

  • De manière fréquente, cet allongement peut n’être qu’une partie d’une prise en charge chirurgicale plus globale de votre cheville ou de votre avant pied.

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