HALLUX RIGIDUS

TRAITEMENT

DESCRIPTION

  • L’hallux rigidus (ou hallux limitus) est le terme qui désigne l’arthrose du gros orteil. L'arthrose est une usure progressive du cartilage d’une articulation.

  • L’hallux (ou gros orteil) est constitué d’un métatarsien (tête métatarsienne) et de 2 phalanges articulées, séparés par l’articulation métatarso-phalangienne. Au sein de l’articulation métatarso-phalangienne, le glissement est permis par le cartilage qui recouvre les extrémités osseuses.

  • Cette arthrose du gros orteil peut survenir à partir de 40 ans, le plus souvent sans cause bien identifiée (dit idiopathique) et sur un orteil qui reste bien axé ce qui le différencie notamment de l'hallux valgus. Elle provoque souvent des douleurs et/ou une raideur du gros orteil avec des difficultés à se chausser.

  • Cette arthrose débute par usure progressive du cartilage entre le métatarsien et la phalange à la base du gros orteil et aboutit à une perte du glissement de l’articulation, en raison d’un frottement « os contre os » et à la production de becs osseux périphériques  dénommés« ostéophytes » ou « becs de perroquets ».

  • Cette usure entraîne ainsi une perte de la mobilité et une déformation souvent douloureuse de l’articulation du gros orteil.  Il  peut exister deux types de douleurs : une douleur au-dessus de l’articulation, au niveau de la déformation ( « bosse ») lors du chaussage, et/ou une douleur vague plus profonde, évoluant par crises, plus ou moins associée à une inflammation, plus typique de l’arthrose.

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POURQUOI CETTE USURE APPARAÎT-ELLE ?

  • L’arthrose est une pathologie pour laquelle il existe une prédisposition individuelle (génétique), mais se développe aussi et surtout en raison de contraintes mécaniques répétées et excessives sur cette articulation. 

  • Cette  surcharge mécanique peut être favorisée  la pratique intensive de certains sports (football, course à pied,….) ou survient au quotidien en raison de la prédisposition anatomique du pied comme c’est le cas pour le pied égyptien.

  • Le pied égyptien se caractérise par un gros orteil plus long que les autres orteils. Il est donc soumis à plus de contraintes dans la chaussure et lors de la marche.

  • La surcharge mécanique est aussi plus forte en cas de surélévation naturelle du premier métatarsien (métatarsus élavatus)Il existe d’autres causes de dégradation articulaires plus rares : infection, rhumatisme, traumatique..

QUELS SONT LES EXAMENS NÉCESSAIRES ?

  • Le diagnostic repose sur des arguments cliniques avec la présence d’une articulation métatarso-phalangienne déformée par des ostéophytes péri-articulaires et des mobilités limitées et douloureuses.

 

  • Les radiographies du pied en charge (debout) sont indispensables pour confirmer le diagnostic.

 

  • Les différents signes radiologiques de cette arthrose sont la disparition du cartilage, sous forme d’un pincement de l’espace articulaire. la présence de becs osseux (ostéophytes) en périphérie des surfaces articulaires, L’ostéocondensation des extrémités osseuses de l’articulation.

 

  • D’autres examens comme une IRM, un scanner, une scintigraphie peuvent également être demandés en complément.

 
 
 
 

LE TRAITEMENT MÉDICAL

- Au stade précoce : 

  • La prise d'antalgiques et/ou d'anti-inflammatoires peuvent aider à traiter une douleur intermittente.

  • L’ adaptation du chaussage est nécessaire en privilégiant un chaussage large et à semelle rigide pour diminuer les contraintes sur l’articulation. 

  • La rééducation avec un kinésithérapeute peut aider à entretenir les mobilités articulaires. 

 

- Au stade d’arthrose évoluée :

  • Dans certains cas, des injections de produits dans l’articulation malade sont possibles (corticoïdes et/ou viscosupplémentation) et généralement réalisées sous anesthésie locale et  contrôle radiologique ou échographique.

  • Des orthèses plantaires (semelles réalisées par un pédicure-podologue) qui diminuent les contraintes sur l’articulation lors du déroulé du pas peuvent être proposées.

 

- Le traitement chirurgical est à discuter car en l’absence de traitement, la maladie évolue vers une limitation significative de la marche et du chaussage puis l’apparition de « bursites » et de cors qui, négligés, peuvent s’infecter chez les patients les plus négligents ou les plus fragiles (diabétiques, artéritiques…).

LE TRAITEMENT CHIRURGICAL

Le traitement chirurgical est à envisager après échec traitements précédents, ou d’emblée en fonction de votre évolution.

Il y a plusieurs possibilités chirurgicales:

 

  • Interventions préservant l’articulation malade (traitement chirurgical dit conservateur) :

     Ostéotomies de décompression et arthrolyses.

- Elles consistent à supprimer les ostéophytes péri-articulaires (« arthrolyse ») pour redonner un peu de mobilités et/ou à « décomprimer » l’articulation par des coupes osseuses spécifiques (« ostéotomies »).

- Parfois, cette conservation des mobilités articulaires se fait par le recours à des prothèses métatarso-phalangienne mais dont les résultats sont décevants.                       

        - Elles permettent de maintenir des mobilités articulaires modestes et peu douloureuses encore quelques années, le                temps d’une dégradation plus complète.

       - Le but des arthrolyses est de retirer les ostéophytes péri-articulaires pour redonner un peu de mobilité et surtout éviter          les conflits douloureux avec le chaussage.

 

  • Intervention supprimant l’articulation malade (arthrodèse métatarso-phalangienne):

- Plus souvent, il vous saura proposé de supprimer l’articulation malade par son blocage définitif.

- La déformation articulaire est ainsi corrigée de manière efficace et durable et la douleur disparaît par résection de l’articulation douloureuse.

- Ce blocage s’effectue dans une position qui vous est propre, en fonction de la morphologie de votre pied ou de vos habitudes de chaussage, sans provoquer de boiterie.

 

                                              Arthrodèse métatarso-phalangienne

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  • La gêne liée au blocage de l’articulation métatarso-phalangienne est limitée, voire nulle.

  • L’articulation située entre les deux phalanges (inter-phalangienne) suffit pour compenser cette perte de mobilité et pour permettre de dérouler le pas quasiment normalement.

  • Cette arthrodèse entraîne par ailleurs  un léger raccourcissement de la longueur du premier orteil d’environ 5 mm, ne modifiant généralement pas le type ou la pointure de chaussage.

 
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