ÉPINE CALCANÉENNE / APONEVROSITE PLANTAIRE

TRAITEMENT

DESCRIPTION

  • L’aponévrosite plantaire appelée aussi fasciite plantaire est une inflammation du fascia plantaire.
     

  • Elle est appeléeparfois « épine calcanéenne » à mauvais escientdu fait de la présence parfois dans les formes chroniques d’une ossification à son insertion sur le calcanéum (os du talon).
     

  • Le fascia plantaire est une bande fibreuse très épaisse située à la plante du pied, qui a pour rôle de soutenir l’arche interne du pied et de protéger les autres structures de la plante du pied.
     

  • Le fascia est de forme triangulaire, et s’insère à la partie postérieure du pied sur le calcanéum (os du talon), et s’élargit vers l’avant du pied pour se terminer sur les têtes métatarsiennes.
     

  • Cette bande s’intègre dans un complexe fibreux plus important : le complexe sur-achiléo-plantaire qui prend naissance en arrière du genou, se prolonge en arrière de la jambe par le tendon d’Achille, se réfléchit sur le calcanéum pour se terminer sur les têtes métatarsiennes.

COMMENT APPARAÎT-ELLE ?

  • L’inflammation de l’aponévrose plantaire survient en cas de tractions anormales ou répétées :
     

- lors de sollicitations sportives importantes (une longue marche ou une course...)
 

- et /ou en raison de troubles architecturaux de l’arrière pied, statiques (plat, creux) ou dynamiques (valgus, pronation, varus…) entrainant une mise en tension excessive de l’aponévrose.
 

- En raison d’un surpoids ou de la manutention d’objets lourds.
 

  • C’est une traction importante sur une zone limitée qui sera à l’origine des douleurs talonnières et des éventuels signes radiographiques.

QUELS SONT LES EXAMENS NÉCESSAIRES ?

  • L’aponévrosite plantaire est la principale cause de douleur du talon ou « talalgies ».
     

  • Elle se caractérise par une douleur du talon, aggravée à l’appui et lors de la marche ; obligeant les patients à une marche sur l’avant pied ou le bord externe du medio-pied.
     

  • Le diagnostic est avant tout clinique sur une douleur reproduite à la palpation de la face inférieure du talon, et souvent à la face interne, parfois sur la face externe.
     

  • La douleur est également reproduite par la mise en tension de l’aponévrose, en flexion dorsale de cheville avec appui sur les têtes métatarsiennes.
     

  • Des radiographies recherchent des signes de chronicité sous la forme d’une ossification de son insertion sur le calcanéum (d’où le nom « d’épine calcanéenne » ou épine de Lenoir).
     

  • L’IRM et l’échographie permettent de confirmer le diagnostic en identifiant une éventuelle inflammation et surtout un épaississement de l’aponévrose à son insertion sur le calcanéum (os du talon) et de rechercher des signes de gravités (fissurations).

  • Point important :
     

    • L’image « d’ossification » de l’insertion calcanéenne de l’aponévrose plantaire est souvent interprétée par les patients comme la cause de leur douleur, sous la forme d’une « pointe douloureuse » qui devrait être retirée.
       

    • Pourtant, cette « pointe osseuse » n’a rien de douloureuse en soit : elle n’est que la traduction de la tension mécanique de l’insertion osseuse de cette aponévrose.
       

    • Ainsi, le traitement, s’il est chirurgical, il passera par l’allongement de l’aponévrose mais la résection de l’ossification n’a aucun intérêt !

 
 
 
 

LE TRAITEMENT MÉDICAl

  • Les mesures à prendre:
     

    • Adaptation du chaussage : l’utilisation de chaussures plus amortissantes avec un léger talon est un moyen simple de diminuer les douleurs au début.
       

    • Les traitements antalgiques et anti-inflammatoires, prescrits par votre médecin traitant, permettent de lutter contre la douleur et l’inflammation aigue.
       

    • La diminution des facteurs favorisants comme le repos ou la perte de poids sont les premières mesures à prendre.
       

    • Orthèses plantaires (ou semelles orthopédiques) :la correction de troubles architecturaux du pied par la confection d’orthèses plantaires (semelles orthopédiques) est un moyen de soulager l’inflammation de l’aponévrose.
       

    • Rééducation : les étirements de l’aponévrose plantaire et de l’ensemble de la chaine suro-achiléo-plantaire permet de faire diminuer la pression et de réduire l’inflammation. Des massages transverses profonds peuvent aussi être pratiqués.
       

    • Les ondes de choc, la mésothérapie, ou à une infiltration de dérivés cortisonés sont des moyens pour diminuer l’inflammation.
       

      • En l’absence de traitement, l’appui du talon devient de plus en plus douloureux, à l’origine d’une boiterie et de difficultés de chaussage.
         

      • Des nodules fibreux peuvent se former au sein de l’aponévrose inflammatoire. Il y a un risque de rupture à long terme.
         

      • Si le traitement médical ne suffit pas, une prise en charge chirurgicale peut vous être proposé
         

LE TRAITEMENT CHIRURGICAL

  • Le traitement chirurgical consiste en la section partielle ou totale de l’aponévrose plantaire.
     

  • Parfois, le traitement chirurgical s’inscrit dans une prise en charge plus complexe de correction de troubles architecturaux du medio ou de l’arrière pied.
     

  • Plusieurs techniques chirurgicales sont possibles :

  • - À « ciel ouvert », c’est à dire sous contrôle de la vue, par une courte incision de moins de 10cm.

  • - en chirurgie percutanée, par une incision ponctiforme de quelques millimètres, permettant la section de l’aponévrose par un fin bistouri, sous contrôle de la radiographie pour contrôler la position de l’instrument.

  • - sous endoscopie : à l’aide d’une caméra introduite par une incision de 1 centimètre environ, permettant la section de l’aponévrose guidée par l’image vidéo.

  • Le post

  • En fonction des habitudes de votre chirurgien et de la technique opératoire, une immobilisation de quelques semaines peut vous être prescrite.

  • L’appui partiel est généralement permis (utilisation de béquilles possible) les premières semaines, en fonction des phénomènes douloureux.

  • Un chaussage large mais fermé est en général repris vers la 3eme semaine. Le retour à un chaussage habituel se fait entre 2 et 3 mois.

  • Un arrêt de travail est généralement nécessaire après l’intervention chirurgicale. Sa durée est en moyenne de 6 semaines mais dépend de votre activité professionnelle et des gestes chirurgicaux réalisés.

  • Même si l’intervention est courte et a généralement lieu lors d’une hospitalisation ambulatoire ; les suites opératoires sont longues pour que les phénomènes douloureux diminuent (de 3 à 6 mois environ).

  • En effet, cette pathologie évolue généralement depuis de nombreux mois ou années avant le recourt à la chirurgie.

  • Ainsi, le temps de diminution des phénomènes inflammatoires et de la cicatrisation complète de l’aponévrose plantaire est long, se faisant sur de nombreuses semaines.

 
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